Patrick Sermadiras

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Les Buis sont en danger !
Nous sommes face à une situation préoccupante. En Europe, des plus grands châteaux aux plus petits jardins, nos Buis sont atteints par deux champignons et une chenille.
Plante emblématique de nos espaces verts et de nos bois, elle a accompagné des générations de jardiniers. Sa résistance et sa longévité ont fait sa réputation. Elle était devenue incontournable...demandez à André Le Nôtre ! Mais il se pourrait que tout cela ait une fin.
Noms scientifiques du fléau : Cylindrocladium buxicola et Volutella buxi, les champignons, d'une part, et Cydalima perspectalis, « la Pyrale », une chenille vorace, d'autre part.
Arrivés il y a à peine dix ans de pays lointains, profitant du développement du commerce mondial et du génie humain. Trouvant, chez nous, les conditions d'un développement optimum, sans aucun prédateur naturel !
Les deux champignons pénètrent par le feuillage et le détruisent. La chenille dévore. Les trois font dépérir le végétal et, de croissance lente, il peinera à s'en remettre...
A l'heure actuelle, la prise de conscience est

générale et chacun tente, tardivement et à sa façon, de trouver des parades : produits chimiques, Bio, recettes de grand-mère, « produit miracle », etc...
Parfois, les Buis sont supprimés et remplacés par de pâles copies.
A Eyrignac, nous avons décidé de rester optimistes et de lutter autant que faire se peut, en gardant nos buis, et en mettant en œuvre les meilleures solutions :
Contre les champignons, un sol sain et bien drainé, une nourriture organique, pas d'engrais azoté, pas d'eau sur le feuillage, pas trop serrés, une taille sévère pour les cas les plus graves, des outils désinfectés, pas d'achats d'importation « pas cher », des traitements préventifs, raisonnés, si possibles biologiques.
Contre la Pyrale, en traitement biologique, le Bacillus thuringiensis (BTk) est utilisé, mais son efficacité est courte et il faut l'utiliser au bon moment, d'où l'importance du piégeage des papillons (qui pondent les chenilles), vous optimiserez vos traitements. Il n'y a pas de traitement préventif. Il existe quelques produits chimiques...
Le retour à des méthodes simples et traditionnelles est conseillé.
Profitons-en pour nous remettre en question, apprendre de nos erreurs, modifier nos habitudes, prendre conscience de l'importance de la Nature et du respect que nous lui devons.

Pour cela, nous avons décidé de poursuivre l'exemple de Vaux le Vicomte en 2015, au travers d'une rencontre pour la sauvegarde de notre patrimoine végétal le samedi 2 Avril 2016 de 9h à 17h lors de la « Journée du Buis à Eyrignac ». Des intervenants professionnels et spécialistes du buis partageront leur expérience. Nous vous y attendons pour en parler ensemble !
+ d'informations ici

MAJ : Suite à cette rencontre du 2 avril et aux nombreuses demandes, un compte rendu d'une dizaine de pages est disponible à la vente sur notre boutique en ligne

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Ces plantations saisonnières de Printemps ayant lieu après les Saints de Glace (11, 12 et 13 mai), vous pouvez penser qu'il est un peu tôt pour les prévoir... et bien pas du tout, un massif de fleurs ne s'improvise pas. Jardiner c'est anticiper.
Si vous désirez semer vos fleurs, il va falloir, pour certaines, s'y prendre dès maintenant sous abri, ou, pour d'autres, semer en place en avril-mai. Si comme nous, vous les prenez en pot, vous gagnerez du temps, cependant, dans les deux cas, que planter ? Combien ? Comment ? A Eyrignac, nos « états de plantation » et nos commandes sont réalisées dès novembre.
La décoration florale est un art, comme la peinture, le jardin est

sa toile et les fleurs sont ses couleurs. Véritable esquisse, le plan s'avère judicieux et la période de repos propice à sa conception.
Il faut prendre en compte la hauteur, la couleur, les distances de plantation, les contrastes, les densités, les feuillages et aussi le sol, l'exposition, ...
Ce choix fait, vous pouvez chausser les bottes ! Retirez les fleurs plantées à l'automne et préparez votre terrain : bêchage, griffage et ratissage. Amendez le sol avec de la matière organique...Au dépotage, les mottes doivent être humides, racinées. Mettez toutes vos fleurs en place sur le sol, tracées comme sur votre plan. Si cela vous convient, vous pouvez alors les planter, à la « houlette », en les enterrant au niveau du collet. Puis avec les 2 mains, pas trop fort, tassez la terre autour de la motte, c'est le « bornage ». Faites de petites « cuvettes » à chaque plante et arrosez pour que la terre colle bien aux racines, c'est le »plombage ». Pour les plantes les plus hautes, tuteurez. « Pincez » vos fleurs pour qu'elles se ramifient plus.
Si une bonne plantation est obligatoire, l'entretien est sans doute aussi important. N'arrosez pas trop. Une plante qui a un peu soif fleurira plus. Sarclez souvent votre sol, vous aurez moins de mauvaises herbes et votre terre respirera. Le paillage est recommandé. Supprimez les fleurs fanées. Surveillez les limaces, les rongeurs.
Enfin, fortifiez vos fleurs avec des purins ou des biostimulants et protégez-les des prédateurs avec, par exemple, des coccinelles (françaises si possible), des pièges à phéromones...
Laissez faire ensuite Dame Nature et vous pourrez alors profiter de votre œuvre pendant près de 5 mois.
Mais surtout, faites-vous plaisir...c'est la règle d'or !

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Question si souvent abordée par les visiteurs d’Eyrignac : « Quand dois-je tailler, comment, où ?» Le geste semble compliqué et irréversible. Pourtant, avec quelques explications et règles de base, la taille deviendra vite un plaisir.
Elle joue un rôle crucial dans le développement, l’équilibre et la floraison des arbustes. Une véritable cure de jouvence ! Elle va supprimer des parties aériennes mais pas souterraines. Les racines fourniront la même quantité de sève dans les branches restantes, d’où un regain de vigueur.
Elle va redonner de l’espace entre les arbustes. Il vaut donc mieux trop tailler que pas assez !
Les catégories d’arbustes sont les caducs et les persistants, classés ensuite par rapport à leur floraison :

  • Caducs à floraison printanière : Taille après la floraison (Forsythia, Groseillier à fleurs, …)
  • Caducs à floraison estivale : taille en fin d’hiver puis après la floraison pour nettoyer et rééquilibrer la plante (Hibiscus, Lagerstroemia, …)
  • Caducs à floraison hivernale : En fin d’hiver après la floraison (Jasmin, Chèvrefeuille, …)
  • Persistants : Après la floraison si abondante, sinon, fin d’hiver pour une taille plus sévère, en début d’été pour nettoyer, rééquilibrer et supprimer les tiges trop vigoureuses ou en automne pour une taille légère. (Laurier tin, Eleagnus, Photinia, …)

A forme différente, taille différente :
Si les branches partent du sol, on coupera vers la base (Noisetier, Forsythia, …)
Si elles sont sur une charpente, on la conservera et structurera (Lagerstroemia, Hibiscus, …)
Attention, certains arbustes n’aiment pas être taillés sauf pour les fleurs fanées (Rhododendrons, Azalées, Camélias, …)
Passons à la pratique : la taille arbustive se fait généralement au sécateur (à main, de force, …), bien affûté, propre voire désinfecté.
Les branches trop vieilles ou en surnombre à l’intérieur, le bois mort, les pousses chétives sont à supprimer.
Le secret d’une bonne taille c’est aérer la plante, lui apporter de la lumière, rééquilibrer parties aériennes et souterraines.
Il faut que la lame, qui tranche, soit du côté de ce qui reste et pas du côté de ce qui tombe, évitant ainsi d’écraser les cellules, source d’infection. Ne pas faire de coupe horizontale qui garde l’humidité et augmente le risque de pourriture. Ne pas tailler en période de gel. Et toujours tailler au-dessus d’un œil (bourgeon) dirigé vers l’extérieur.

Vaste sujet que la taille. On pourrait parler des rosiers, des fruitiers, des grimpantes, des Niwakis (taille en nuages), de rajeunissement ou recépage, de reformation, de taille à la cisaille et bien sûr des topiaires. Dans de futurs articles, à suivre…

Cours et démonstration de taille par les Jardiniers d'Eyrignac

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En cette période hivernale où l’activité au jardin est moindre, réaliser un plan de culture pour la saison à venir présente de multiples avantages.

Certains légumes ne se cultivent pas aux mêmes endroits deux années de suite ; En outre, certains plus exigeants, gourmands que d'autres doivent changer de place afin de ne pas épuiser les éléments nutritifs du sol.  Cette rotation logique constitue un moyen simple, efficace et écologique de lutter contre les maladies cryptogamiques.

Un calendrier de plantation permet de réaliser plusieurs récoltes sur une année de production. Astuce : après une culture de fabacées telles que petits pois ou haricots par exemple, on laisse les racines contenant nodules d'azote dans le sol, celles ci constituant un apport d'engrais aux cultures futures.

Pensez à prévoir une planche de culture semée d'engrais verts (phacélie, moutarde, etc... ) qui, une fois fauchés, seront incorporés au sol et apporteront un amendement naturel.

Jouez sur l'association de légumes et leurs interactions : cette combinaison améliore le rendement de façon notable, évite les maladies et éloigne les parasites (technique du compagnonnage).  A contrario, faire ce plan permet aussi d’éviter de mettre l'une à côté de l'autre des plantes qui se gênent pour croître … ne jamais planter de salades à côté du persil.

Organisez l'espace. Chaque culture demande une superficie spécifique. Établir un plan de culture permet de faire les choix adéquats et judicieux.  Réfléchissez en termes d'occupation de l'espace en longueur, largeur et même hauteur ! Mettre en place des structures de type tipis sur lesquelles grimperont haricots verts, pois, concombres présente multiples avantages : un gros gain de place, fini les fruits sales et moins de risque de maladies liées à l’humidité du sol … autre support intéressant : les haricots à rames plantés aux pieds des maïs qui leur servent de support.

Essayer le plan de culture c’est donc l’adopter. A vos crayons, petit résumé !

C’est un excellent moyen de rentabiliser l’espace, une utilisation efficace des planches de culture au maximum de leur capacité mais aussi et surtout un raisonnement écologique quant à la gestion de la terre sur laquelle le jardinier travaille. Il est ainsi attentif à son épuisement, à la qualité de la production possible et enfin, cela n'est pas négligeable, à un meilleur rendement. De belles récoltes en perspective pour le potager cette année. Cher jardinier, nous viendrons goûter…

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DANS MON JARDIN….D’HIVER                                                                                               

La belle saison terminée, l’hiver est propice au grand nettoyage du jardin. La végétation se repose et il est alors temps d’entreprendre un « travail de fond ». Nettoyer, tailler, gratter, désherber, ranger,…autant de taches effectuées pour gagner du temps et démarrer sereinement au printemps.

Dès le début de leur chute, les feuilles mortes sont régulièrement ramassées et récupérées pour faire du compost. Les haies et massifs sont nettoyés à fond : feuilles mortes, lierres et mauvaises herbes doivent être retirés puis le sol sarclé. Pailler ensuite le sol ou utiliser un anti germinatif permet de le maintenir propre tout l’hiver.  

Au sécateur, aérez les haies, de buis par exemple, pour éviter l’excès d’humidité dans le feuillage, favorable à l’apparition de champignons comme le Cylindrocladium.

Les fleurs fanées des vivaces, des rosiers sont supprimées.
Chaque tronc d’arbres est débarrassé du lierre.
Une taille de nettoyage s’impose sur les arbres et arbustes.
Les coupes récupérées et broyées constitueront un formidable paillage au pied des massifs.
La chasse est aussi faite aux mousses et lichens. Ils doivent être grattés et supprimés dans les haies, sur les arbustes ou les fruitiers.
Ne pas oublier d’entretenir les sous-bois ! Le bois mort est retiré et broyé, les arbres nettoyés et remontés.
Les bordures engazonnées sont désherbées en attendant la découpe annuelle en février- mars.
Les allées gravillonnées sont surfacées ou complètement rénovées. Les dallages sont traités contre la mousse et brossés.
Les bassins sont vidés, nettoyés et rincés sans oublier la tuyauterie purgée pour éviter toute mauvaise surprise.
Le matériel à moteur est systématiquement révisé, ce qui réduira considérablement aussi les problèmes aux beaux jours.
Dans l’atelier, tout le petit matériel est rangé et nettoyé. Les outils de coupe tels que cisailles, sécateurs, sont affutés, graissés  et désinfectés. Les outils métalliques sont brossés et huilés.
Tout doit être en ordre de bataille pour la saison !

Et touche finale pour le mobilier de jardin qui est nettoyé, repeint, traité, réparé.

Un jardin bien nettoyé, du matériel révisé, des végétaux entretenus. Autant de précautions et gestes simples qui permettront de bien commencer l’année et gagner un temps précieux durant la saison. Plus de soins pourront être consacrer aux finitions pour mettre en valeur le jardin et lui donner ainsi sa touche finale qui fera incontestablement  LA différence.  

Tout cela dans une ambiance propice pour faire rimer travail avec plaisir.

Et croyez- moi !  Le jardin, alors, vous le rend bien.

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