Patrick Sermadiras

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Toute personne possédant un jardin, des plantes, massifs, etc... aspire à une floraison abondante mais surtout qui dure dans le temps. Les fleurs ont une durée de vie éphémère et arrive ainsi la période de fanaison.
Ces fleurs fanées peuvent avoir un coté esthétique intéressant (des graminées scintillant avec le gel de l'hiver par une belle journée ensoleillée par exemple....) mais parfois et même souvent, un coup de sécateur, au bon moment, peut parfaitement prolonger cette floraison.
Cette coupe de fleurs fanées a une utilité esthétique c'est indéniable mais elle permet surtout de stimuler la plante, lui donner un coup de pouce pour une nouvelle floraison. Une fois la fleur passée, la tige « monte » en graines et épuise inutilement la plante. Alors ne pas hésiter à tailler !
Pour cela, utilisez toujours un

sécateur ou tout autre objet coupant qu'il faudra bien tenir aiguisé et surtout désinfecté, dans un souci de non propagation de maladies.

Exemple d'une taille intéressante de fleurs fanées : les rosiers remontants

Pour cette variété de rosiers, la taille n'a pas qu'un côté esthétique. Elle favorise également une nouvelle floraison. Ainsi, ces rosiers fleurissent quasi en continu sur une très longue période. Ils ont cette qualité de fournir des fleurs tout au long de l'été.
Astuce pour une taille réussie : taillez au dessus d'une feuille à 5 folioles. Attention, les feuilles généralement en-dessous de la fleur fanée ne possèdent souvent que 3 folioles. Il faut donc descendre suffisamment le long de la tige jusqu'à la première feuille qui possède 5 folioles. Pas d'inquiétude...le bourgeon, à la base de celle ci, est suffisamment fort pour émettre une nouvelle tige florale.
Pour les rosiers non remontants, ceux-ci fleurissent sur le bois de l'année précédente. Une taille bien pratiquée favorisera la naissance de nouveaux rameaux portant des fleurs.

Si cette taille de fleurs fanées est bénéfique à bon nombre de plantes, il faut savoir que ce n'est pas le cas pour les plantes «à bulbes» ! Certes, la fleur peut être coupée après la fanaison (ainsi, elle ne monte pas en graines) mais surtout il faut laisser le feuillage des bulbes jusqu'à qu'il sèche naturellement. C'est par là que le bulbe se reconstitue et grossit. Une fois séché, on peut le supprimer.

Et si vous voulez apprécier de plus près, c'est le moment de venir voir les jardiniers d'Eyrignac à l'œuvre, cueille-fleurs en main, exécuter habilement la coupe des roses fanées du Jardin Blanc.

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Je suis quelqu'un de très méticuleux et j'avoue qu'à Eyrignac nous utilisons peu le paillage, uniquement au potager. Je préfère le sarclage, le désherbage manuel qui demandent patience et passion. J'aime voir la terre travaillée et pour cela, il faut du personnel : nous l'avons. Il faut du temps : nous le prenons. Afin de montrer tout le travail que nécessite un jardin comme Eyrignac, dans l'amour du travail bien fait et des règles de l'art respectées.

Cependant, cher ami jardinier, vous êtes seul face à votre jardin. A une époque où bio, gain de temps, respect de l'eau et de la terre, arrêt des pesticides sont enfin d'actualité, quoi de plus logique, naturel et efficace que de revenir à ces méthodes ancestrales qui n'ont plus rien à prouver comme le paillage !
Le bon sens est la botte secrète du jardinier heureux et je vais vous en révéler les bienfaits.
Le paillage appelé aussi « mulch » existe sous diverses formes. Il peut être décoratif, coloré, minéral, artificiel...mais celui qui nous intéresse est le naturel et surtout le paillage nutritif, celui qui formera de l'humus en se décomposant.
Cela peut être des déchets de tonte, de la paille, des feuilles mortes, des

écorces de pin, du BRF (bois raméal fragmenté), des fougères, orties, algues, lin, chanvre, fèves de cacao, etc...
Vous le disposerez sur au moins 5 cm pour qu'il soit efficace.
Moins d'évaporation, vous économiserez de l'eau car si 1 binage vaut 2 arrosages un paillage en vaut 10 !!
Votre sol se tassera moins et gardera sa fraîcheur beaucoup plus longtemps.
Il allège les sols lourds argileux et augmente la rétention des sols légers sableux.
Beaucoup moins de désherbage ou d'herbicides car les adventices auront du mal à franchir cette barrière.
Les racines de surfaces ne seront plus grillées par le soleil et il évitera aussi l'érosion de votre terre.
La vie microbienne de votre sol s'en trouvera revigorée.
Il permet le recyclage dans votre jardin de vos débris végétaux.
Il protégera la terre du réchauffement l'été et du froid l'hiver. Il faudra cependant, au potager, le retirer au printemps pour que le sol se réchauffe le temps des semis. Dès que les jeunes plantes auront forci, vous pourrez le remettre en place.
Il favorisera le bon développement des mycéliums (champignons) et de la vie, indispensables dans tout bon sol qui se respecte.
En libérant ses éléments nutritifs, il ne brulera pas les racines contrairement aux engrais chimiques.
Chaque hiver, enfouissez-le en surface ce qui favorisera la texture du sol et remettez-en une nouvelle couche l'année suivante. Vous pourrez toujours travailler le sol avec une « grelinette » si nécessaire et surtout, adieu bêchages fastidieux et rebutants !
Moins d'arrosage, moins de désherbant, moins d'engrais, gain de temps, amélioration du sol, économique et biologique. Après tout cela, trouvez donc seulement une seule bonne raison de ne pas l'utiliser ... et ce sans modération !

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Les purins, alternative aux engras chimiques...

Au jardin comme dans tous domaine, chacun peut contribuer, à sa manière, à la préservation de la nature (le sol, l'air, l'eau) en utilisant le moins possible les produits chimiques de synthèse très polluants, et privilégiant ainsi des produits naturels efficaces tels que les purins.
Ceux-ci, par leurs actions diverses et variées, se révèlent de précieux alliés dans un mode de fonctionnement écologique, utile à tous, faut-il le rappeler...
Comment faire un purin ?
C'est très simple. Il suffit de prendre la plante dans son entièreté (tige, fleurs, feuilles). La hacher grossièrement, l'entasser dans un sac en toile de jute (ou un filet de pommes de terre) et la mettre à tremper dans un grand récipient (attention, pas métallique) rempli d'eau de pluie.
Petite astuce : Utilisez une grande poubelle en plastique muni d'un couvercle. Cela vous évitera le désagrément de

la propagation des odeurs nauséabondes inhérentes malheureusement à tout purin....
Le purin est prêt quand apparaissent les bulles de fermentation qui remontent et qu'il devient un « jus ». Vous pouvez alors retirer la plante (d'où l'utilité de l'avoir mis dans un sac) et filtrer...
Mélangez ce purin avec de l'eau dans un pourcentage plus ou moins élevé suivant l'utilisation. Il peut être utilisé pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois s'il est stocké au frais et à l'abri de la lumière (autre intérêt de la poubelle en plastique opaque ...)
Quels purins ? Pour quoi faire ?
Ils sont multiples et variés, en voici une liste non exhaustive des plus couramment utilisés.
NB : Il est important de préciser que les purins ne sont pas des traitements curatifs mais plutôt préventifs....
- Le purin d'ortie ( le plus connu)
Il possède des qualités uniques pour stimuler la croissance de la plante (grâce à sa grosse teneur en azote), renforcer le système immunitaire mais aussi un rôle de répulsif contre les pucerons et les acariens...
- Le purin de consoude
Moins riche en azote que celui d'ortie, il contient plus de potassium et de minéraux qui permettent aux plantes de mieux se fortifier et de pallier à leurs éventuelles carences
- Le purin de prêle
Il constitue un excellent fongicide contre les maladies cryptogamiques qui touchent les plantes
(fonte des semis, mildiou, cloque du pêcher, tavelure, oïdium....)

La liste est longue. A Eyrignac, la combinaison de ces 3 purins a contribué à la guérison des buis face au fléau actuel des maladies fongiques, Volutella et Cylindrocladium Buxicola.

Beaucoup de plantes font de très bons purins, à chacun d'y trouver son utilité....

Entre un produit naturel efficace et un chimique très polluant, le choix est vite fait. Donnez à la nature, elle vous le rendra au centuple.

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Après la taille de formation vient la taille de fructification...Celle ci a un rôle important dans le développement de l'arbre fruitier ainsi que dans la maîtrise de sa production. Bien qu'elle ne soit pas indispensable (quoique...), elle est recommandée dans l'objectif d'un rendement élevé.
Avant toute taille, quelques précautions élémentaires....
La première chose à savoir et peut être la plus importante : ne jamais tailler les jours de gelée et privilégier les jours sans pluie qui favorisent la cicatrisation des plaies de taille dans de bonnes conditions.
De toute manière, la coupe de taille se fait toujours en biais de façon à faciliter l'écoulement et surtout éviter la stagnation à l'endroit de coupe.
Dans cet esprit, un bon équipement s'impose : toujours avoir un

coupe-branches, un sécateur bien affûté et désinfecté pour éviter toute transmission de maladies.
Quels objectifs pour cette taille de fructification ?
Le but de la taille est d'orienter la sève par de judicieux coups de sécateurs, de scie égoïne ou
Coupe-branches vers les rameaux à fleurs portant en germe les futurs fruits.
Elle sert aussi, bien sûr, à supprimer les branches mortes, malades ou surnuméraires.
A propos de ces dernières, il faut éliminer celles qui poussent en direction du centre de l'arbre, celles qui se croisent ou se touchent. Ainsi, la circulation de l'air et de la lumière est facilitée. Résultat : les fruits, plus gros, seront moins sujets aux maladies.
Gardez en tête, quand vous taillez, le passage d'un oiseau en vol au milieu de votre arbre, arbuste. Celui-ci doit pouvoir aisément passer sans risque de collision avec des branches mal placées.
Quelle est la bonne période de taille ?
Il n'y a pas de règle absolue mais tout l'hiver est une saison propice ; à condition, bien sûr, qu'il ne gèle pas si vous avez bien retenu la règle d'or !
Néanmoins, vous pouvez vous essayer à la taille en plusieurs fois : pendant l'hiver pour construire la charpente et veiller à l'équilibre de l'arbre et en été pour éliminer bois superflu et conduire une taille légère de fructification.
Une fois le travail de taille effectuée, vous pouvez appliquer un mastic de cicatrisation sur les plus grosses branches taillées ; ce n'est pas indispensable mais permet d'éviter tout risque de maladies futures....
Une taille raisonnée et bien conduite offre de nombreux avantages : productivité régulière, arbres ou arbustes bien aérés et sains, charpente solide et cueillette ainsi facilitée. Préparez un grand panier !

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BIO...STIMULANT ?

Biostimulants, stimulateurs des défenses naturelles ou Eliciteurs, voilà plusieurs noms pour désigner ce qui semble être la 3ème révolution agricole, après la mécanisation et la chimie.
Début prometteur de changement voire bouleversement de nos habitudes ?
Après des décennies d'agrochimie et de productions à outrance, l'Homme prend enfin conscience de son environnement, de son bien-être et donc de son avenir.
Nous avions pris le mauvais chemin, il est temps de remettre l'humain et son environnement au centre de nos préoccupations.

A Eyrignac, nous essayons, humblement depuis 20 ans, de raisonner autrement. Même si, parfois, nous utilisons des produits phytosanitaires- ne soyons pas hypocrites- c'est toujours en allant vers plus de naturel, en réduisant les produits et les doses.
Mieux vaut prévenir que guérir...nous favorisons

ainsi la bonne alimentation de nos végétaux et du sol qui les porte plus que les traitements.
La plante est un être vivant, le sol en abrite des milliards. Ce tout, fourmillant de vie, est donc incompatible avec les Biocides qui tuent la vie. D'où les Biostimulants.
Ce n'est qu'un début. Il y aura encore des découvertes et des progrès à faire. Le chemin est encore long mais...c'est sans doute le bon chemin.

Voici un signe qui ne trompe pas : après des années de lutte, des Associations comme Aspro-pnpp qui se battent pour la Promotion des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes ont obtenu la publication d'un décret reconnaissant enfin le droit à l'utilisation des extraits végétaux (décret 2016-532 du 27/4/2016). Même si ce texte reste limitant, le purin d'ortie n'est plus
hors-la- loi !

Nos buis malades ont tiré la sonnette d'alarme, fédérant autour d'eux une multitude de gens, en Europe et même aux Etats Unis, car nous sommes tous concernés. Comment les sauver tout en préservant notre environnement ?
Une alternative s'offrait à nous, les Biostimulants, une nouvelle génération d'outils de culture.
Foliaires ou racinaires, ils renforcent les défenses immunitaires de la plante, augmentent la résistance aux stress.
Pas de phénomènes de résistance comme pour les antibiotiques, pas de délai de rentrée après traitement car non toxiques, utilisés en préventif.
Augmentent le système racinaire, améliorent la santé du sol et donc des végétaux, accroissent l'absorption et l'efficience des nutriments.
Utilisant les mêmes principes que la vaccination en activant les défenses naturelles AVANT contamination. Une bonne vitamine C avant l'hiver contre la grippe!
Ils existent sous diverses formes : Extraits végétaux (purins, jus), d'origine animale (micro-organismes), minérale (oligos éléments), cryptogamique (champignons micorhiziens), algues...
En poudre, en granulés, en liquide, ...
Très différents des fertilisants qui, eux, n'activent QUE la croissance.

Tenté d'essayer ?
A Eyrignac, nous y croyons.

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Les cultures associées consistent à cultiver plusieurs espèces végétales ou variétés sur une même planche de culture en même temps.
Voyons les intérêts multiples pour votre potager qui contribueront ainsi à concilier esthétisme et bonne production!

LA FERTILISATION AZOTEE (ex : Mais – haricots)
En semant haricots (légumineuse) et maïs, le haricot, grâce aux nodules d'azote fixés à ses racines, fournit de l'azote tandis que le maïs, lui, sert de tuteur et permet donc un meilleur rendement.
Même chose pour les pois, les fèves. Après leur production, veillez à laisser dans le sol leurs racines qui, en se décomposant, libéreront leur azote, bénéfiques aux cultures futures...

LA LUTTE CONTRE LES RAVAGEURS (ex : Capucine – haricots)
La capucine semée au milieu des haricots attire sur elle tous les pucerons et permet ainsi au haricot de s'épanouir pleinement. A contrario, exemple des alliacées plantés avec des carottes : ceux-ci éloignent la

mouche de la carotte pendant que celle-ci a une action répulsive sur la teigne du poireau
Pareil pour l'euphorbe qui éloignera la taupe....les exemples sont multiples. A noter, les plantes aromatiques ont toutes une action repoussante sur les nuisibles du jardin.

LA LUTTE CONTRE LES MALADIES
Certaines plantes associées à d'autres, du fait des substances chimiques exécrées par leurs racines, apportent à ces dernières une aide non négligeable pour lutter contre leurs maladies.

LA LUTTE CONTRE LES ADVENTICES (ex : courges et mouron des oiseaux, oxalis, etc...)
Les cucurbitacées ayant une forte capacité à couvrir et ombrer le sol, ils réduisent ainsi considérablement la prolifération des adventices ou mauvaises herbes.
Idem pour le sarrasin (excellent « engrais vert ») qui, en croissant, étouffe bon nombre d'adventices mais qui en outre, fauché et incorporé dans le sol, constitue un excellent engrais naturel pour les cultures futures....

Le principal intérêt de pratiquer cette forme de cultures associées est surtout d'obtenir des légumes sains et de réaliser un meilleur rendement, une meilleure productivité.
Ce mode de culture apparaît également, et c'est loin d'être négligeable, comme une excellente alternative à l'emploi de pesticides, herbicides ou autres engrais chimiques, néfastes à plus ou moins long terme pour la nature et in fine à l'homme!
Enfin, il ne faut surtout pas oublier que si beaucoup de plantes peuvent être bénéfiques les unes envers les autres, le contraire est aussi vrai. Certaines ne s'apprécient vraiment pas !
Essayez donc de faire pousser des salades à coté du persil, vous nous raconterez le résultat...

Exemple de culture associée : Eyrignac et ses Jardins

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Ici, dans notre beau pays d'Eyrignac, Lierre rime avec vieilles pierres.
Il couvre bon nombre des bâtiments d'époque, protégeant murs séculaires et mettant ainsi en valeur la pierre dorée du Périgord. Contraste des couleurs, camaïeu de verts sur l'ocre de la pierre. La rencontre minéral -végétal prend tout son sens.

Pourtant, quoi de plus banal et courant que le Lierre ? Plante de nos sous-bois poussant avec trois fois rien, parfois même envahissante, et qui, du coup, à Eyrignac, a su trouver ses maîtres, qui vont la tailler, la dompter, la diriger. La sortir de l'ombre des grands arbres pour la mettre en valeur sur des murs, chaines en fer ou jolis murets.
Le lierre s'accroche à la paroi avec ses crampons, s'enracinant même dans

les joints de terre et de sable, grimpant toujours plus haut. Il peut fragiliser un édifice ou bien, à contrario, le protéger en bloquant ses pierres instables.

Dans nos jardins, d'autres grimpantes nous font l'honneur de leur présence :
Le faux Jasmin ou Jasmin étoilé à la floraison abondante, au parfum enivrant.Taille lierre Manoir
Les Rosiers grimpants « remontant » ou « non-remontant » ; le Rosier Liane pouvant pousser de sept mètres par an ; le Rosier grimpant de Lady Banks, Rosa 'Banksiae', « inerme », sans épine.
La Clématite utilisée pour son exceptionnelle floraison, à associer avec d'autres plantes.
La Vigne contre un mur plein sud nous donnant des grappes de raisin gorgées de sucre et de soleil.
La Mûre géante qui produit des fruits énormes et délicieux, ...
Pour certaines, il faudra leur confectionner un support pour les « palisser ».

Leur rôle dans le jardin est de mettre en valeur leur support, de se hisser vers le ciel pour mieux être vue et nous émerveiller par leurs feuillages, leurs formes, leurs fleurs, leurs fruits voire leurs parfums.
Mais pour bien grimper, de bons outils sont nécessaires : Crampons (Lierre), vrilles (Pois de senteur), ventouses (Vigne vierge). Et aussi des tiges volubiles (Glycine) qui s'enroulent autour de leur support et qui seront « dextrorses » si elles vont vers la droite ou « sinistrorses » vers la gauche. Un peu de science... on appelle cela le mouvement de circumnutation !

Parmi les plus célèbres : Jasmin d'hiver, Chèvrefeuille, Glycine, Hortensia grimpant, Bignone, Passiflore, Kiwi, Akebia, Pois de senteur, Houblon, Ipomée, ...
Et aussi les « sauvages » et pas forcément « mauvaises » comme le Liseron, la Bryone, Le Gaillet gratteron, ...
Ou même des Cucurbitacées comme le Cornichon, la Christophine ou « chouchou », et même le Melon, le Potiron ou la Pastèque !!
De quoi défier les lois de l'apesanteur !

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Par où commencer pour tailler ma haie ? Elle ne sera jamais droite !... voici quelques recommandations d'usage.
Buis, Ifs, Charmes, ...vous avez le choix pour créer toutes sortes de formes et volumes.
Réussir en sculptant le végétal au summum de la technique : maitriser «l'Art Topiaire».
Il faut pour cela bien connaître la plante sur laquelle intervenir. Son port et sa façon de pousser, son type de feuillage, sa vitesse de croissance...
La fréquence de la taille varie selon l'espèce utilisée : 4 à 5 fois pour le charme contre 1 à 2 fois pour le Buis et l'If.
Mais chaque chose en son temps...commençons par

une haie géométrique classique, de type parallélépipède.
A Eyrignac, toutes les tailles sont réalisées à la cisaille à main, garantissant une coupe parfaite, évitant ainsi des blessures qui cicatriseront mal, sources d'infection. Dans le respect des règles de l'art.
Evitez, au moins pour la première fois, de la tailler à l'œil. Prenez piquets et cordeaux pour matérialiser la ligne à suivre.
Cordeau tendu que vous suivrez horizontalement avec votre cisaille et sur lequel vous ferez pendre un fil à plomb qui vous guidera verticalement, ce dernier coulissant sur le cordeau horizontal.
Si la haie est large, vous pouvez renouveler l'opération de l'autre côté.
Pensez à faire des portes, des fenêtres, des créneaux qui donneront du cachet à une haie simple.
Affutez vos cisailles, vous forcerez moins. Nettoyez régulièrement vos lames avec de l'eau et un tampon abrasif, la coupe sera plus nette. N'oubliez pas la petite goutte d'huile, sur l'axe.
Des cisailles à main, à long manche, peuvent être utiles...plus de force grâce à l'effet « levier ».
Pour la taille en hauteur, escabeau, échelle, échafaudage, nacelle sont indispensables.
Le rythme doit être régulier, ceci au cas où vous devriez tailler plusieurs heures.
A Eyrignac, la taille commence en avril pour se terminer en octobre. A une moyenne de 100 coups de cisaille à la minute, vous l'aurez compris...savoir tailler devient un art.
Enfin, le geste : petit feuillage, geste rapide (ex. Buis). Au contraire, grandes feuilles, geste plus lent (Charmes, laurières...). Toujours le poignet souple et les cisailles bien en main.
Sachez qu'une haie doit être formée dès sa plantation et que de cette bonne pratique dépendra sa qualité. Patience car cela prendra plusieurs années.
Quelques décennies plus tard, la taille de reformation redonnera à la haie ses dimensions ou proportions d'origine. Elle est généralement faite au sécateur, en revenant sur du vieux bois.
Amis jardiniers, à vos cisailles ! ...

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Après le repos végétatif hivernal, il est temps de profiter des délicieux premiers légumes que l'on appelle «printaniers» ou «primeur».
Pour activer et stimuler leur croissance, il apparaît indispensable de pratiquer ce que l'on appelle la culture sous abri. Elle peut s'effectuer sous de multiples formes : châssis à semis, utilisation de cloches, de tunnels de forçage, etc... Ils constitueront un abri non négligeable en cas de coups de froid ou de gel intempestifs. Ils augmenteront surtout la croissance et apporteront la chaleur bienfaisante des premiers rayons de soleil...
Une petite astuce : pour contrer ce froid ambiant, on peut également effectuer des cultures sur «butte ou couche chaude». Cette technique peu onéreuse permet des cultures précoces, ceci grâce à la chaleur résultant de la fermentation de fumier frais.
Mais quels sont ces délicieux «primeurs» ?


La pomme de terre «grenaille» :
Ce n'est pas une variété mais elle désigne des pommes de terre récoltées précocement, avant maturité (généralement 90 jours) et donc de calibre moins important (- de 35 mm). Les meilleures variétés pour ce type de culture sont celles à chair ferme et fondante («Charlotte», «Belle de Fontenay», «Amandine», «Bonotte de Noirmoutier», etc...). Plantées à la chandeleur sous abri, elles se récoltent vers le 1er mai.
Attention ! De conservation très fragile, elles se consomment sans tarder le jour qui suit MAIS leur teneur en vitamine C est supérieure à celle de variétés de conservation.
Les carottes, radis et salades primeurs :
Dès février, les carottes peuvent être semées entre les rangs d'alliacées plantés durant l'automne précédent (principe des cultures associées et de leur interaction bénéfique)
Astuce : En mélangeant graines de carottes et de radis ou salades et radis, ceux-ci croissant plus vite, au moment de les récolter, ils nous évitent ainsi l'éclaircissage fastidieux mais nécessaire à la culture des carottes.
Attention ! Les premières salades consommées au printemps sont en fait des «salades d'hiver»
(« Rougette de Montpellier », « Brune ou blonde d'hiver », « Grosse blonde paresseuse »,etc...) et se sèment donc dès l'automne précédent...
Les petits pois :
Pour cette culture précoce (à partir de février), il faut utiliser ce que l'on appelle «les pois nains» et privilégier les variétés à grains ridés (« Merveille de Kelvedon » quel joli nom !, «Téléphone», «Centurion») qui elles, ne craignent pas les gelées printanières à la différence de celles à grains ronds.
Et nous penserons bien sûr à vous à la récolte et au bonheur que vous aurez de déguster une poêlée de légumes primeurs juste cuits au beurre...

Pour découvrir le Jardin Potager d'Eyrignac

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Nos gazons sont l'écrin d'Eyrignac et pour cela, pas de miracle mais un secret !...

Rien de plus primordial dans un jardin que de beaux gazons pour le mettre en valeur et sublimer ce qu'il est. Pour autant, tout se mérite et voici quelques recommandations qui devraient contribuer à sa réussite.

Profitant de l'accalmie hivernale, nous faisons analyser le sol d'Eyrignac (environ tous les cinq ans), car pas de beau gazon sans connaître son terrain. Sableux ou argileux, sec ou humide, calcaire ou acide ?... Les résultats obtenus nous permettent de mieux le soigner. C'est un être vivant qui grouille de vie (vers, champignons, insectes, bactéries...).
Le travail peut alors commencer :
Décompactage des zones tassées à la fourche bêche ou à la « grelinette », sur 25 cm. Apport, selon les besoins, de matière organique, sable siliceux ou argile et rajout de quelques graines sur les zones dégarnies.
La scarification est plutôt à

éviter au printemps, à cause du risque de levée des « herbes sauvages ».
Première tonte vers fin Mars. Une fois cette reprise engagée, c'est parti pour l'année et à Eyrignac, c'est plus de trente tontes par an soit une fois par semaine. Tondez plutôt haut que trop bas. On peut rouler avant ou après ce qui permettra à la pelouse de « taller », de se densifier.Découpe ds gazons en Dordogne
« Mulching » interdit. Toutes nos tontes sont systématiquement ramassées et compostées, durant trois années, produisant un excellent terreau, bénéfique au jardin.
Le gazon doit être propre, exempt d'adventices, mais que ça ne devienne pas une psychose ! Si l'emploi d'un désherbant sélectif peut-être nécessaire au début, des traitements ponctuels et réguliers suffiront dans le temps. Le travail manuel est aussi très efficace s'il est fait un peu chaque jour ! Sachez être tolérant si quelques « indésirables » ont réussi à s'installer. Surtout, ne vous laissez pas déborder.
De belles bordures sont indispensables, elles feront la différence en saison. Nous les coupons à la bêche en Mars puis au ciseau tous les mois. Heureusement, il n'y en a que sept kilomètres !...
Le gazon est gourmand et les analyses permettront de définir ses besoins nutritifs. Nous utilisons les fertilisants avec parcimonie et privilégions les engrais organiques biologiques.
Pour l'arrosage il doit être régulier, le soir. Sol frais mais pas détrempé. Si tout est automatisé, c'est encore mieux ... à Eyrignac, cela nous laisse du temps pour les découpes de bordures.

Ah oui, j'oubliais le « secret » : Passion, Patience, Persévérance, Excellence et Régularité...
Bon courage.