Patrick Sermadiras

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

PROTECTION HIVERNALE

Tache importante de saison, il va falloir protéger le jardin des caprices de la météo.

On ne sait pas à l’avance quelles seront les conditions climatiques et le jardinier devra donc faire preuve de prudence et d’anticipation, car « rien ne sert de courir, il faut partir à point ! ».

Les protections s’envisagent dès mi-octobre, ce qui n’empêche en rien de surveiller l’évolution du temps…on ne sait jamais.

Sont concernés par cette protection : Les végétaux à risque comme les Oliviers, les Palmiers, les Laurier-rose, les Cactées, les Agrumes, les Bananiers…

Les végétaux de pleine terre verront leur tronc, leurs branches principales emballés dans de la toile de jute, du feutre géotextile… un peu dans le style « momie », puis l‘ensemble de la partie aérienne recouvert d’un voile d’hivernage qui réduira les effets néfastes du froid et du vent.  Sans oublier le sol qui sera recouvert d’un bon manteau isolant de paille, de feuilles mortes, qui évitera des dégâts au niveau des racines. Valable aussi pour le potager ou dans des massifs de vivaces un peu fragiles.

Les plantes en pot, bacs ou jardinières si elles sont transportables devront être rentrés. Si possible dans un local hors gel, pas trop chauffé et éclairé.

Les pots en terre cuite, s’ils doivent rester dehors, seront enroulés dans plusieurs couches, par exemple de plastique bulle et recouvert d’un film plastique épais, le tout bien ficelé pour passer l’hiver sans se défaire.

L’emballage doit se faire par temps sec et doux, pour ne pas « enfermer le froid ».

A Eyrignac, nous avons l’exemple de plus de cinquante vases italiens de terre cuite que nous protégeons, mais pas les végétaux qui y sont plantés car ne craignant pas le froid (buis, ifs).

Les poteries vernies comme les vases d’Anduze doivent être rentrées car très fragiles au froid et à l’humidité. Même protégées, leur vernis peut se craqueler voire se décoller.

Les réseaux d’eau seront purgés, après avoir coupé l’eau (c’est préférable…). Toutes les vannes seront ouvertes à moitié et les électrovannes auront été ouvertes manuellement.

Si dans des regards, il reste des tuyaux en eau, ceux-ci seront emballés et recouvert de plaques isolantes style Stérodur. Les tuyaux dans le sol sont à l’abri à partir de quarante centimètres de profondeur.

Les locaux à risque (pompes, filtration) seront isolés ou dotés d’un chauffage hors gel.

Protéger son jardin est un geste essentiel qui permettra de le pérenniser, de ne pas perdre toute cette énergie et toutes ces heures passées en pleine saison, de lui montrer qu’on le respecte.

Il nous le rendra bien en accomplissant, comme chaque année qui passe, cette miraculeuse renaissance dès le printemps.

 

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

LA TAILLE ARBUSTIVE AUTOMNE HIVER

Il existe la taille de nettoyage et de reformation que l’on peut pratiquer, si possible, dès l’arrêt de la végétation. Enfin, celle de fin d’hiver aura une incidence sur la floraison de l’année à venir et sera aussi bénéfique pour les arbustes persistants.

La période « hors gel » est primordiale pour éviter les risques de pourritures.

Taillez les arbustes à floraison estivale mais en aucun cas ceux à floraison printanière car vous supprimeriez cette dernière. Eux seront taillés au printemps, après, la floraison.

A Eyrignac, nos jardiniers sont rodés à cette tâche et elle n’a plus de secret pour eux. Ils ont toujours le sécateur à la main, ce qui, je l’avoue, m’a longtemps inquiété. Mais j’ai compris que c’était un mal pour un bien et les résultats sont là pour me rassurer.

Contrairement aux fruitiers pour lesquels la taille aide à la fructification, celle des arbustes sert surtout à supprimer le bois mort, les branches excédentaires ou peu poussantes, à rééquilibrer la plante et à redonner un peu d’air aux végétaux trop serrés dans un massif. Une taille esthétique en quelque sorte.

La taille est une véritable cure de jouvence et toujours bénéfique aux végétaux.

Quant à la reformation, c’est une taille plus sévère qui va permettre à des plantes souffrantes, vieillissantes ou malades, de se refaire une santé. Mais aussi à des haies, à des topiaires, de revenir à leurs proportions d’origine. Le végétal ne cesse de croître et malgré une taille régulière, finit toujours par se déformer.

Dernier conseil important : affutez bien vos outils de coupe et tenez-les dans le bon sens. Exemple pour le sécateur,  la lame qui tranche doit être du côté des racines et l’autre, qui ne coupe pas, du côté de ce qui va tomber. Et surtout, avant de couper quoi que ce soit, il faut bien comprendre le mode de vie (période de floraison, forme de l’arbre…) de chaque arbuste.  Après, vous pourrez commencer à tailler en toute quiétude.

Cette année, à Eyrignac, nous allons procéder à la première taille de reformation de l’allée des Charmes, allée principale et emblématique des jardins, plantée aux débuts des années soixante. Ce sera un moment important dans l’histoire de l’entretien. Cette taille sera sans aucun doute « impressionnante » mais surtout régénératrice pour les charmes plantés depuis plus de cinquante ans. Quelques chiffres pour vous donner une idée de l’étendue des travaux : un pied tous les cinquante centimètres, quinze par motifs de topiaire, trente-huit motifs alignés sur cent mètres de longueur soit dix-neuf de chaque côté. En tout près de six cents arbres… (Photo de l’allée)

Taille uniquement réalisée au sécateur à main ! Elle devrait débuter prochainement. Et l’allée retrouvera toute sa superbe l'année prochaine.

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

CREATION DE MASSIFS

Voilà déjà plus de cinquante ans que nous avons créé à Eyrignac une multitude de massifs : de vivaces, arbustifs, saisonniers, de terre de bruyère, mixtes, de graminées, de rosiers, etc…

Avant même de concevoir les vôtres, il va falloir réfléchir à ce que vous souhaitez et une fois le choix fait, vous poser plusieurs questions : Où trouver le meilleur emplacement ? Près ou loin de la maison ? Quelle taille ? Le sol convient-il bien à ce que je désire planter ? L’exposition : ensoleillée, ombre, mi- ombre ? Plante unique ou plutôt mélange et contraste de formes, de couleurs ? terrain sec ou humide, acide, neutre ou calcaire ? Quelles plantes choisir ?...

Après avoir répondu à tout cela, prévoyez « un plan de plantation » pour définir ce que vous allez mettre, en quelle quantité et surtout en respectant bien « les distances de plantation » entre chaque plante. Si elles sont trop serrées, elles vont s’étouffer. A l’inverse, avec des plantes trop espacées,  votre massif paraitra bien pauvre et vous laisserez la place pour …les mauvaises herbes !

Vous allez pouvoir commencer à réaliser votre massif.

Après l’avoir tracé, travaillez votre sol en profondeur, d’autant plus profondément que les végétaux choisis seront grands. Le minimum pour des fleurs saisonnières est de trente centimètres soit « un fer de bêche » mais passe de suite à environ cinquante à soixante centimètres soit « deux fers de bêche » pour des arbustes. Voire un mètre pour des arbres !

Si vous aménagez « un lieu de vie » confortable pour vos végétaux et qu’ils sont ainsi leur aise, ils vous le rendront bien et pendant longtemps.

Souvent, même dans une terre moyenne, un apport de matière organique bien décomposée suffira.  Si elle est lourde, un peu de sable siliceux améliorera la structure et aidera les racines à descendre vers le fond. Pour les gros végétaux, vous pouvez faire « une fumure de fond » : décaissez à la profondeur désirée, mettez une bonne couche de fumier par exemple et rajoutez un peu de terre par-dessus pour que les racines ne soient pas en contact direct avec la fumure (afin d’éviter les brulures). C’est un travail pour l’avenir.

Une fois les plantations réalisées, prévoyez un arrosage correspondant à votre type de massif : goutte à goutte pour les arbustes, par aspersion pour les fleurs, en confectionnant des « cuvettes » de terre au pied de chaque gros végétal pour l’arroser copieusement à la plantation puis l’été suivant.

Sans oublier le fameux paillage aux multiples vertus : il gardera la fraicheur du sol, réduira son tassement, évitera les adventices, et nourrira, en se décomposant, les belles plantes de votre massif. Résultat garanti dont vous serez le concepteur et dont vous serez si fier. Bravo !

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

La production hivernale

Après le temps des récoltes dans le potager, beaucoup de parcelles de culture dans le jardin se vident.

Pour autant, laisser ces parcelles inoccupées constituerait une carence au niveau du sol et de sa micro faune (indispensable à toute bonne culture) du fait du lessivage des sols les jours de forte pluie, des gelées hivernales, du compactage des sols entre autre.

Vous pouvez donc chausser vos bottes car il est  important de penser à une production hivernale !

Bien sur, la multiplicité des légumes à cultiver est moindre, le temps de production, du fait du froid, est ralenti. Mais en semant assez tôt à la fin de l'été ou durant l'automne, vous obtiendrez des légumes que vous profiterez de consommer tout l'hiver.

Alors, quoi planter ?

Les poireaux 

En effectuant vos semis au début de l'été, vous repiquez fin août dans les parcelles qui se libèrent après récoltes. Ne pas oublier d'apporter un amendement et ne pas planter une même famille de légumes au même endroit. Idem pour tous les choux : chou de Milan, chou cabus, chou de Bruxelles, chou chinois, chou-fleur, etc....

Très bon pour la santé et légume ancien oublié, le radis noir

Du fait de la rapidité de leur croissance, les navets

La mâche, la roquette, l'épinard, les salades d'hiver ( « brune d'hiver », « blonde d'hiver », « grosse paresseuse », « rougette de Montpellier », etc.... ) et bien sur toutes les chicorées ( « cornet d’Anjou », « castel-franco », « varieta di choggia », « rouge de Trévise », « rouge de verone », « scaroles », « chicorée frisée », etc.....), jeunes feuilles de betteraves constituent un excellent mesclun ( mélange de diverses salades ) à consommer durant tout l'hiver...

Pareil pour les endives : plantées fin avril, début mai en pleine terre, vous récoltez les «  chicons » au début de l'hiver, taillés au niveau du feuillage et des racines. Vous les replantez dans un endroit totalement obscur ( cave, silo, etc … ) et quelques semaines plus tard ils produiront les si délicieuses endives.

Il est intéressant aussi de semer des engrais verts (phacelie, moutarde, trèfle, etc...) qui non seulement vont éviter de laisser le sol à nu (voir plus haut). Mais surtout fauchés avant floraison, au début du printemps et incorporés au sol, ils constitueront un excellent engrais naturel qui sera très bénéfique aux productions futures.

Quand on parle de production hivernale, il est aussi très important de penser à garder de la place dans les planches de culture pour tous les légumes qui, plantés à l'automne de l'année précédente, produiront et ne se récolteront que le printemps voire l’été suivant (oignons, échalotes, ail, fèves, petits pois, salades de printemps).

Bonnes plantations !

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

PLANTATIONS SAISONNIERES D’AUTOMNE

L’automne est déjà bien avancé. Il est grand temps d’arracher les estivales et faire vos plantations saisonnières avant les premières gelées.

Comme tout bon jardinier qui se respecte, vous êtes déjà dans votre esprit au printemps prochain, saison riante pour ces fleurs que vous allez planter en octobre et qui seront alors à leur apothéose.

Que planter ? Si à Eyrignac nous avons opté pour les bulbes à floraison printanière telles que Tulipes, Narcisses, Jacinthes, il en existe d’autres comme les Fritillaires, Crocus, Ail, Anémones, Muscaris… sans oublier les bisannuelles telles que les Pensées, Myosotis, Giroflées, Pâquerettes, Violettes…

Sans oublier les Chrysanthèmes qui peuvent venir colorer le jardin à cette saison, certes, cela est de courte durée (rarement plus d’un mois car ils craignent le gel) mais ils en valent la peine. De toutes formes et de toutes couleurs, voilà une plante qui mérite mieux que d’être confinée aux seuls cimetières. Elles ont toute leur place au jardin. Une plante sacrée au Pays du Soleil levant. Vous pourrez planter bulbes et bisannuelles un peu plus tard, en dehors des périodes de gel.

Pensez avant à faire un « plan de plantation » qui vous permettra de gagner du temps.

Il va falloir maintenant préparer le terrain.

Bien bêcher le sol sur 30 cm, apporter terreau et fumier bien décomposé. Emietter et retirer les pierres et les racines. Niveler la terre.

La plantation peut commencer. Des bisannuelles, en tassant légèrement le tour de la motte. Ou des bulbes, en veillant de bien les mettre dans le bon sens, généralement, pointe vers le haut et enterrés environ de leur hauteur voire un peu plus. Arrosage obligatoire pour les « bisa » et pas nécessaire pour les bulbes car le long hiver à venir y pourvoira.

Vous pouvez aussi faire un mix des deux. En plantant en premier les bisannuelles puis, entre, les bulbes. Effet garanti au printemps surtout si vous jouer avec les hauteurs et les couleurs !

Dans nos jardins, à Eyrignac, nous avons choisi la simplicité en privilégiant le blanc et le jaune et en jouant avec les dates de floraison des bulbes. Les Jacinthes apparaissent les premières, suivies par les Narcisses et au final les Tulipes viennent clore la fête qui aura duré plus de deux mois, de mars à mai.

Petit conseil, il faudra faire attention aux rongeurs qui peuvent avoir beaucoup d’intérêt pour vos bulbes car ils peuvent s’en délecter pendant l’hiver. Installer quelques pièges calmera leur voracité.

Voilà ainsi un des travaux de fin d’année du jardinier. Dans l’attente, Dames colorées, de vous admirer aux premiers soleils du Printemps !

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

ENTRETIEN DU GAZON A L’AUTOMNE

L’été est passé, les fortes chaleurs sont derrière nous. Le retour de la fraicheur et d’un peu de pluie vont permettre au gazon une sorte de résurrection avant le froid hivernal. Il continuera à pousser jusqu’à 5°.

Les plantes « indésirables », ennemies des gazons, elles, vont beaucoup moins se développer. C’est donc le moment approprié pour attaquer l’entretien d’automne, le plus important de l’année et qui permettra d’avoir, dès l’an prochain, une pelouse au top !

La scarification est l’opération la plus importante. Elle consiste à « gratter » le feutre (les résidus de feuilles mortes, de déchets de tonte, de mousse…. Les lames en incisant le sol sur un ou deux centimètres vont favoriser le départ de nouvelles pousses et racines.

Le gazon va pouvoir respirer. Puis c’est le semis de regarnissage, avec, à Eyrignac, un mélange de Ray-grass anglais, de Pâturin des prés et de Fétuque rouge demi traçante. Toutes les conditions étant favorables, il va lever en quinze jours, régénérant notre pelouse. Nous appelons ça la « lutte inter-espèces », la loi du plus fort, qui évitera la réapparition des adventices. Je vous conseillerais de faire une fertilisation azote / potasse pour le renforcer avant l’hiver.

Laissons passer deux à trois semaines, le temps que le gazon en place redémarre et que les jeunes graines germent.

Puis viendra une autre opération primordiale, l’aération. Le sol s’est compacté. L’air et l’eau circulent mal.

Nous utilisons un aérateur à moteur qui va faire une centaine de trous au m², extirpant des carottes de terre d’environ 10 cm et 1 cm de diamètre.

Ensuite, nous sablerons et terreauterons en surface et passerons un coup de râteau pour éclater les carottes et les mélanger à nos apports, le tout retombant dans les trous. Un apport d’argile sur les zones trop drainantes augmentera la rétention en eau pour le prochain été. On peut aussi rajouter quelques graines.

Pour les petites surfaces ou sur les zones très piétinées, à Eyrignac, nos jardiniers vont même jusqu’à décompacter le sol à la fourche bêche ou à la grelinette. Sur 30 cm et en levant légèrement la terre, émiettant cette dernière et la rendant plus friable…du pur bonheur pour les racines.

Faites un essai sur votre gazon et vous verrez vite la différence.

Nous n’oublierons pas la dernière tonte, la repasse sur les bordures et le ramassage régulier des feuilles mortes pour que nos gazons finissent l’année dans un état irréprochable.

C’est un travail dur et fastidieux qui doit être répété chaque année, mais, c’est à ce prix-là que vous obtiendrez de beaux gazons qui mettront en valeur votre jardin.

Croyez-moi, ça en vaut la peine !

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

Entretien d'un sous bois à Eyrignac

Jusqu’où peut-on maîtriser la nature, à quel point la main de l’homme peut-elle modifier notre environnement ?

A Eyrignac, dans un souci d’esthétisme et d’accueil, nous avons voulu apporter au sous-bois de chênes, situé à l’entrée du domaine, une petite « touche Eyrignacoise ». Simplicité et sobriété sur une surface de dix hectares, pour passer du sauvage au remarquable.

Voilà déjà quelques années que ce sous-bois a été nettoyé, débarrassé du bois mort et de ses broussailles, de ses vieilles souches et pierres qui étaient autant d’obstacles, que les branches de chênes ont été « remontées » à quatre, cinq mètres de haut, que le lierre couvrant les troncs a été retiré, que tous les arbres souffrants, disgracieux ou mal placés ont été supprimés pour ne garder que les plus beaux et laissant place, au sol, à un tapis de graminées en saison et à une litière dorée constituée des feuilles de chênes en hiver.

Depuis, chaque année, il est tondu de près au printemps, après la pousse de quelques orchidées et autres plantes herbacées sylvestres et surtout après la montée à graines des graminées sauvages, qui, de cette manière, pourront se pérenniser.

La répétition annuelle de ce fauchage a empêché la réimplantation d’une végétation indésirable et suivant la saison, il peut être tondu une deuxième fois en septembre octobre, avant la chute des feuilles.

Le lierre qui ne pense qu’à repousser est lui aussi suivi de très près. Seule la mousse accrochée à l’écorce est tolérée. Les branches mortes tombées au sol sont régulièrement ramassées.

L’effet est saisissant. Le sol, entretenu de près, comme j’aime, contraste avec la verticalité des troncs tortueux de nos vieux chênes. La couverture naturelle des arbres assure une ombre reposante et rafraîchissante, que viennent percer, çà et là, quelques rayons de soleil. Les jeux de lumière, suivant l’heure du jour, faisant le reste.

La petite route serpentant dans ce bel espace boisé, est embellie chaque année, de février à mai, de part et d’autre et sur des centaines de mètres, de plusieurs milliers de Narcisses « Trompette » blancs et jaunes, au beau milieu d’une nature renaissante. Et chaque automne, depuis près de vingt ans, des centaines sont replantés, faisant perdurer cette longue guirlande de lumière. Toujours les deux mêmes variétés : Mount Hood pour les blancs et Golden Harvest pour les jaunes. Une allée forestière fleurie, guidant le visiteur jusqu’à nos jardins, au centre du domaine.

A l’automne, les champignons, bons ou moins bons, bien visibles et à leur aise dans cet espace dégagé, viendront étoffer et embaumer l’endroit.

La faune y sera plus facilement remarquable et quel bonheur de voir gambader, des potron-minet, cerfs, biches, chevreuils, sangliers et autres gibiers de nos forêts dans ce lieu impeccable.

Simplicité et sobriété, rien d’autre. Tout le travail nécessaire à cette réalisation ne doit pas transparaître mais sembler naturel. La première impression en entrant sur le domaine est primordiale et la dernière tout autant !

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

Voilà un espace paysagé très à la mode, mêlant écologie, nature, biodiversité.

C'est un Eldorado pour de multiples espèces végétales : Coquelicot, Lupin, Bleuet, Achillée, Muflier, Bourrache, Pavot, Lin, Alysse, Cosmos... et animales : abeilles, papillons, coccinelles, petits mammifères...
Quoi de plus naturel qu'un pré ? C'est facile, ça pousse tout seul ! Mais derrière cette apparente simplicité se cache une extrême complexité.
Règles principales : 100% Bio, 0 produit chimique, 0 engrais, 0 matière organique et 0 arrosage.

Avant d'entreprendre sa création, il faut connaître son sol. Les plantes ne se comporteront pas de la même façon dans un sol argileux, sableux ou caillouteux. Plus le sol sera riche plus les indésirables prendront le dessus.
Adapter le choix des semences au sol et à votre région, choisir entre annuelles ou vivaces voire les deux.

Pour commencer, il faut partir d'un terrain propre et non pollué (traitement, fertilisation). Retournez-le vers mi-mars, sur vingt centimètres. Retirez pierres, racines et herbes en place. Bien l'émietter puis attendre environ trois semaines que les mauvaises herbes fassent leur apparition et renouveler l'opération. Cette technique du « faux semis » réduira « un peu » les adventices. Puis, de suite et au plus tard mi-avril, semez votre pré en respectant scrupuleusement les doses préconisées qui sont très faibles. Mélangez vos graines dans du sable pour faciliter le semis. Semez en deux fois, en croisant les passes. Roulez légèrement votre terrain juste pour « coller » la graine au sol. En aucun cas il ne faudra l'enfouir car elle ne germerait pas. Aucun arrosage.

Ces graines ont besoin de quatre à huit semaines pour naître et les adventices seulement deux à trois, donc... problème ! Les fleurs vont commencer à croitre et se mélanger à la végétation spontanée, quand l'ensemble fera plus de vingt centimètres. Il faudra alors faucher à environ dix centimètres et laisser sécher sur place quelques jours, puis évacuer les coupes. Le mieux serait à la faux...mais une débroussailleuse fera l'affaire.

Ne pas tenter de retirer les adventices et surtout, ... ne pas arroser ! Les fleurs vont se développer à l'abri de la végétation spontanée.
Dernier fauchage en septembre/octobre après la montée en graine. De la même façon, laissez les coupes sécher quelques jours pour que les graines tombent au sol et ressèment naturellement le terrain pour l'année suivante.

Il est possible de semer à l'automne surtout pour les mélanges de vivaces.

On peut aussi refaire son pré chaque année mais avec le risque de voir réapparaître les mêmes soucis.

En tout cas, ne vous découragez pas car la première fois n'est pas toujours la bonne ! Patience, c'est l'école de l'humilité...

Mais, au final, quel bonheur de voir toutes ces fleurs colorer le paysage. Un moment à savourer

Sud Ouest Le MagArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

Finesse, légèreté, élégance, souplesse...ainsi peut-on les qualifier.


Certains les appellent « filles du vent » ou « cheveux de la terre ».
Ce sont les graminées ornementales, une des tendances « jardin » les plus actuelles.
C'est une famille végétale des plus riches avec des centaines d'espèces de toutes formes, hauteurs, couleurs...

Il y en a pour tous les goûts, tous les terrains, toutes les expositions, tous les climats, du désert le plus aride aux steppes Sibériennes.
Les plus hautes, comme la canne à sucre, peuvent mesurer près de trois mètres alors que d'autres, comme le fameux « gazon anglais ou green » ne dépasseront pas quelques centimètres !

Elles sont somptueuses en association avec du minéral, leur souplesse contrastant avec la dureté de la roche.
Magnifiques également avec des topiaires, auxquels elles apporteront mouvement, grâce et légèreté, tout comme à Eyrignac où elles prennent place, peu à peu, en douceur.

La couleur des feuillages, variant du vert au gris en passant par le bleu, le glauque mais aussi le rouge, le noir, le bronze voire le doré puis des panachages multicolores, permettra de subtils jeux de lumière.

Sans oublier leur floraison, s'échelonnant presque toute la belle saison, avec une multitude d'inflorescences plus légères les unes que les autres de formes et de couleurs variées.

L'apothéose ayant lieu le matin ou le soir, au lever ou au coucher du soleil, lorsqu'elles jouent avec la lumière rasante. Une chose est sûre, elles apportent un incomparable parfum de liberté au jardin et sont idéales pour créer un jardin Zen ou un jardin en mouvement.

Mais revenons à la technique, plus terre à terre.
Même si elles sont peu exigeantes, il leur faudra une terre plutôt normale et un minimum de lumière voire souvent, le plein soleil.
Etant de tailles très variées, il faudra respecter les distances de plantation pour qu'elles puissent se développer correctement et perdurer dans le temps.
Un apport organique à la plantation assurera une bonne reprise et elles seront plantées en godets ou en conteneurs puis bien arrosées.
Pour lutter efficacement contre les mauvaises herbes -qui ne demanderont qu'à s'installer-, pour faire des économies d'eau et garder un sol frais je ne peux que vous recommander de faire un bon paillage sur toute la surface et sur dix bons centimètres.
Une fois bien implantées, elles demandent peu d'eau et peu de soins.
En fin de saison il est recommandé de conserver le feuillage, même si ce n'est pas très esthétique mais il les protégera de l'hiver. Puis, au printemps, on coupera le plus ras possible pour favoriser leur renaissance.

A vous, maintenant, de jouer avec le vent !...

Quelques noms à retenir : Miscanthus, Imperata, Calamagrostis, Pennisetum, Elymus, Festuca, Helictotrichon, Molinia, Panicum, Saccharum, Sorghastrum, Stipa, Lygeum, Eragrostis, Carex...

Quelques adresses utiles : Lumen à Creysse (24100), Pépinières de Planbuisson au Buisson de Cadouin (24480) Jardins d'Ordesa à Beyssac (19230).

Sud Ouest Le magArticle publié dans Sud-Ouest Le Mag

Le bouturage est un mode de multiplication végétative consistant à donner naissance à un nouvel individu à partir d'un organe, d'un fragment (tige, branche, feuille, racines, écaille de bulbes, etc....) d'une plante mère.
En fait, cette technique est tout simplement une forme de clonage. La bouture est génétiquement identique à la plante mère.
La bouture demi ou semi aoûté se pratique tout simplement sur une pousse de l'année dont la base est dure, en phase de transformation de bois mou en bois dur (aoûté) et la pointe tendre et encore en croissance (de mi juillet à mi septembre selon les espèces)
le bouturage aoûté se pratique, lui, sur rameaux aoûtés (à partir de fin août jusqu'à la fin de l'automne voire au début du printemps) ; le bois est dur à la base et ne se plie pas facilement mais l'extrémité des rameaux est encore tendre

A noter, on parle aussi de boutures «semi ligneuses » ou «semi herbacées », c'est la même chose
(bouture d'une tige en cours de durcissement qui commence à se lignifier c'est à dire à devenir marron).

Comment bouturer ?

C'est très simple ! Il suffit de prélever une tige entre 15 et 20 cm. Coupez ensuite toutes les feuilles du bas en ne laissant que 4, 5 feuilles à l'extrémité.
Il y a plusieurs solutions pour faire reprendre cette bouture :
– Soit vous trempez la partie sans feuille dans de l'hormone de bouturage (mais utiliser cette hormone n'est pas obligatoire c'est selon le choix de chacun) sur quelques centimètres et vous plantez dans un mélange terre/sable ou terreau/terre/tourbe
– Soit vous placez la partie du rameau sans feuille dans un verre d'eau

Ces boutures vont rester tout l'hiver à l'abri afin de bien s'enraciner et pourront être sorties, rempotées (voire carrément plantées) au printemps suivant.

Quelles plantes sont concernées par cette technique de bouturage ?

Le rosier, la sauge, le romarin, la lavande, le laurier tin, le laurier rose, l'hortensia, l'hydrangea, le géranium, le fusain, le fuchsia, le buis, la bignone.... liste bien sur non exhaustive.....

Cette technique de bouturage est généralement assez simple (mais pas tout le temps) et présente le grand avantage de reproduire à l'infini vos plantes favorites. Ceci sans aucun coût et surtout avec beaucoup de satisfaction personnelle !

Venez visiter l'une des plus beaux Jardins en France : Eyrignac et ses Jardins. Situés à 13 kms de Sarlat en Dordogne, ils sont ouverts tous les jours de l'année.

Le bouturage est un mode de multiplication végétative consistant à donner naissance à un nouvel individu à partir d'un organe, d'un fragment (tige, branche, feuille, racines, écaille de bulbes, etc....) d'une plante mère.

En fait, cette technique est tout simplement une forme de clonage. La bouture est génétiquement identique à la plante mère.

                La bouture demi ou semi aoûté se pratique tout simplement sur une pousse de l'année dont la base est dure, en phase de transformation de bois mou en bois dur (aoûté) et la pointe tendre et encore en croissance (de mi juillet à mi septembre selon les espèces)

                le bouturage aoûté se pratique, lui, sur rameaux aoûtés (à partir de fin août jusqu'à la fin de l'automne voire au début du printemps) ; le bois est dur à la base et ne se plie pas facilement mais l'extrémité des rameaux est encore tendre

A noter, on parle aussi de boutures «semi ligneuses »  ou «semi herbacées », c'est la même chose

(bouture d'une tige en cours de durcissement qui commence à se lignifier c'est à dire à devenir marron).

 

Comment bouturer ?

 

C'est très simple ! Il suffit de prélever une tige entre 15 et 20 cm. Coupez ensuite toutes les feuilles du bas en ne laissant que 4, 5 feuilles à l'extrémité.

Il y a plusieurs solutions pour faire reprendre cette bouture :

        Soit vous trempez la partie sans feuille dans de l'hormone de bouturage (mais utiliser cette hormone n'est pas obligatoire c'est selon le choix de chacun) sur quelques cms et vous plantez dans un mélange terre/sable ou terreau/terre/tourbe

        Soit vous placez la partie du rameau sans feuille dans un verre d'eau

 

Ces boutures vont rester tout l'hiver à l'abri afin de bien s'enraciner et pourront être sorties, rempotées (voire carrément plantées) au printemps suivant.

 

Quelles plantes sont concernées par cette technique de bouturage ?

 

                Le rosier, la sauge, le romarin, la lavande, le laurier tin, le laurier rose, l'hortensia, l'hydrangea, le géranium, le fusain, le fuchsia, le buis, la bignone.... liste bien sur non exhaustive.....

 

Cette technique de bouturage est généralement assez simple (mais pas tout le temps) et présente le grand avantage de reproduire à l'infini vos plantes favorites. Ceci sans aucun coût et surtout avec beaucoup de satisfaction personnelle !

Page 1 sur 3