Les bienfaits du froid sur la nature


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Le 11 janvier 2017

Depuis quelques semaines, l'hiver s'est bien installé sur la Dordogne. Les Jardins du Manoir d'Eyrignac ont revêtu leurs beaux habits givrés plongeant la nature dans un repos bénéfique. La pelouse s'est recouverte d'un manteau glacé sur lequel seul le bruit de mes pas propage dans l'immensité du paysage qui se dévoile sous mes yeux. Les essences persistantes sont figées dans le givre dès les premières heures de la matinée.Le spectacle est magique et permet plus encore d'appréhender les courbures du jardin, les rondeurs des buis, la taille de la charmille. Si le froid magnifie la beauté des végétaux d'une blancheur pailletée, il est aussi bénéfique pour le jardin.

Les anciens, tout comme les jardiniers, ne me contrediront pas et les dictons sont nombreux à ce sujet : "Janvier de givre, année de fruits" celui-là me plaît bien, mais aussi "Plus il gèle en janvier, plus l'année sera féconde". Le froid est nécessaire mais doit être sec, car un froid humide brûle la plupart des végétaux. Il tue la majorité des indésirables de façon naturelle et écologique. Quoi de plus précieux que ce traitement respectueux de la nature. En effet, les périodes de gel ont une action "bénéfique" sur les oeufs, les larves et les adultes de nombreux parasites en hibernation cachés dans les sillons des troncs, protégés dans des coques sous le dessous des feuilles persistantes ou enfouis dans les premiers centimètres du sol.

Petit conseil de jardinière amatrice : brosser les troncs des fruitiers pour décoller le lichen leurs servant de cachette. Mais ce n'est pas tout, cette période de gel ressentie actuellement, est indispensable pour le réveil de nombreuses graines et bourgeons. C'est surprenant mais de nombreuses graines ont besoin d'une période de dormance durant l'hiver et de froid pour que, dès le printemps, la plantule puisse germer et donner naissance à de nouvelles vivaces pour mon plus grand plaisir. Quelques empreintes d'oiseaux se dessinent sur les murets au pied du grand bassin en quête d'eau.

Je continue vers le potager qui lui aussi est plongé dans un profond sommeil. Sous l'effet du gel, la décomposition des couches de feuilles, de paille, va s'accélérer apportant dès le printemps, l'humus pour les légumes primeurs. La neige serait bien sûr meilleure et comme le disent les jardiniers "la neige vaut un engrais". Alors j'invite le temps à jardiner et j'attends avec impatience les premiers flocons...

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