Le patrimoine religieux du Manoir d'Eyrignac


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Le 29 novembre 2016

Laissant la Pagode chinoise à ma droite, je traverse la pelouse en direction du manoir. Je me faufile entre les arcades néogothiques anglaises, descends un petit escalier et je me retrouve dans la cour de la propriété, dont le sol a été fraîchement ratissé. Je me sens comme plongée dans un autre temps, l'atmosphère est calme, reposante, juste un léger clapotis du petit bassin devant moi et le vent dans les feuilles du platane en fond sonore. En face du manoir, deux petits bâtiments, quasiment identiques, le pigeonnier à gauche et la chapelle romane à droite.

L'édifice religieux est bien identifiable avec son toit surmonté d'un joli clocheton. Il est d'origine, il n'a pas subi d'incendie des frondeurs, comme le manoir au XVIIème siècle. Les proportions sont régulières : un carré camouflé par le lierre le rendant encore plus secret, percé par deux "outeaux", fenêtres périgourdines typiques. Les couleurs ocres et vertes des murs de ce lieu, sont chaleureuses et me donnent envie de le découvrir plus en détail. Je suis émerveillée par le sol en pisé : petites pierres taillées comme des galets, apportant une dimension supplémentaire à la chapelle. J'imagine le travail méticuleux des personnes accroupies posant un à un les galets. Je me sens bien, apaisée comme rassurée par l'intimité dégagée par ce bâtiment si ancien. Cependant le choix du peintre verrier apporte une touche de modernité à cet édifice religieux. Henri Guerin a su ressentir l'âme des lieux, du jardin, en créant en 1998 les vitraux lors du baptème de Gilles Sermadiras. La technique est propre à ce verrier, les vitraux sont en dalle de verre et ciment. Les couleurs extérieures du jardin sont identifiables, les ocres, bruns et verts sur l'oculus côté manoir, les verts et bleus plus soutenus en dessus de l'autel et des dégradés sur les côtés, pour les baies en plein cintre. La lumière pénètre et rehausse la chaleur du lieu.

La sérénité et l'apaisement m'emportent loin, très loin. Je me projette lors de cérémonies, une partie de la famille installée sur le mobilier liturgique, trois chaises à l'échelle des lieux; l'autre partie sur le balcon, accessible de l'extérieur après quelques petites marches, écoutant l'abbé du canton, venant célébrer un baptême aux jardins des manoirs d'Eyrignac. Je sursaute d'un coup, revenant à la réalité. Ce n'est rien, juste Artaban, le chat du manoir qui vient chercher quelques caresses...

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