L’art topiaire


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Le 28 octobre 2016

Voilà un terme qui a toujours aiguisé ma curiosité : l'art topiaire. Petite, je l'associais au monticule de terre déplacée par la taupe durant sa recherche de vers de terre et je ne comprenais pas vraiment en quoi cela représentait un art, même si la tâche lui incombant restait bien lourde ! En grandissant, après quelques lectures et de nombreuses découvertes sur le terrain, j'ai compris que le terme de topiaire concernait la façon d'agrémenter et de sculpter le végétal. Je n'étais pas si loin avec ma petite histoire d'enfant puisque le sujet reste toujours dans la nature.

Les origines de l'art topiaire naissent avec des jardiniers romains, dont l'unique volonté était d'imiter les sculpteurs. Les principaux arbres et arbustes taillés avec cette technique sont les buis et les ifs. Les motifs commencent dès le XVIème siècle grâce à Philibert de l'Orme, architecte français revenant de Rome pour atteindre leur apogée au milieu de XVIIème siècle sous l'influence de Louis XIV avec André Le Nôtre.

Aux Jardins du manoir d'Eyrignac, cette technique est pratiquée par les jardiniers pour la taille des buis, des ifs mais aussi des charmes. Les outils mécaniques sont bannis, les cisailles, les cordeaux, les fils de plomb et les gabarits sont utilisés. Du grand art, du temps et beaucoup de patience sont nécessaires à l'entretien de ces arbustes. L'Allée des Charmes, la Chambre de Verdure, l'Allée des Vases en sont les plus belles illustrations. L'art topiaire prend alors tout son sens : tailler dans un but décoratif des plantes à petites feuilles et à port compact pour une unité de forme. Au même titre que les Jardins d'Eyrignac, d'autres grands jardins à la française honorent l'art topiaire. Les jardins de Villandry mettent en scène des ifs sculptés encadrant les plantes potagères.

Cette taille s'opère plusieurs fois dans la saison, dès le printemps et à la fin de l'été. La bonne époque se situe autour des mois d'avril-juin et août-octobre, souvent effectuée durant les mois en A. Il faut proscrire les périodes hivernales et les fortes chaleurs afin d'éviter l'entrée de maladies et fragiliser les arbres. Les formes créées sont nombreuses : rondes, cylindriques, coniques, ovales, rectangulaires, cubiques... Je me perds tant l'imagination des jardiniers est débordante. La preuve en est avec l'apparition aux jardins d'Eyrignac, d'une basse cour végétale toute proche du Jardin des Sources : les ressemblances sont époustouflantes.

L'art topiaire peut se pratiquer chez soi, après bien évidemment quelques cours et conseils avertis d'experts dispensés aux jardins d'Eyrignac. N'hésitez plus, et à vos cisailles !

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